Un projet salutaire pour une génération d’espoir

Hind Belarbi Basbous

Un ciel bleu sans nuages, un soleil radieux… des sourires qui éclairent tous les visages, des regards timides et furtifs… des yeux brillants et pleinsd’espoir… que d’émotions en ce fameux vendredi 31 mai 2019 !

Les élèves du CE1C ont vécu 9 mois dans l’attente de cette rencontre. Ils ont mûri au fil des semaines en se familiarisant virtuellement avec leurs correspondants du centre Malaak dans le Akkar.

Ce centre de jeunes réfugiés syriens qui accueille plus de 300 élèves a été une vraie source d’apprentissage pour nous toute cette année. Nous y avons puisé le meilleur et nous, enseignante et élèves, avons appris une vraie leçon de vie. Durant les derniers mois, les élèves se sont familiarisés avec des réalités parfois poignantes dont ils ont pu saisir l’ampleur et l’importance à travers diverses situations.

Comprendre le sens du terme « réfugié » a été un défi en lui-même pour des élèves de 7/8 ans. Chaque enfant a construit une histoire avec son correspondant à travers des lettres, des vidéos, des photos et des petits présents partagés à distance. Ils ont appris à se connaître malgré toute la distance qui les sépare jusqu'à cette fameuse rencontre qui a pu avoir lieu après maintes et maintes autorisations afin que ces jeunes réfugiés puissent quitter le Akkar.

La rencontre a eu lieu au musée Nabu à Chekka, un lieu magique empreint d’histoire, jouissant d’une vue imprenable sur la mer. Une matinée prolifique durant laquelle les enfants du CE1C de l’International College et les enfants du centre Malaak ont enfin pu se voir et partager des moments qui resteront gravés dans leur mémoire.

Tout a commencé en septembre 2018. À travers le thème « Qui nous sommes », nous avons eu le privilège de correspondre avec des enfants dans le besoin, vivant dans des conditions économiques et sociales très différentes. Les CE1C ont réappris le sens du devoir envers leur prochain, ils ont compris que chacun d’entre eux a la responsabilité de contribuer envers sa communauté et non pas seulement sur le plan matériel ou financier mais SURTOUT sur le plan humain.

Ils ont compris qu’un sourire ou une parole positive peuvent faire toute la différence dans la vie d’une personne et pour moi, cela représente le plus grand des succès. Les élèves ont développé diverses compétences comme leur sens du partage, leur ouverture d’esprit ainsi que leur capacité à respecter les autres. Autant de qualités essentielles dans la formation d’une identité productive et positive.

En ce sens, la pierre angulaire de ce projet aura porté sur leur contribution au sein de leur société et les aura inscrits dans un projet social à long terme qui a permis de les stimuler de manière régulière ! Un défi réussi avec des retombées positives puisque nous avons renforcé des qualités qui feront d’eux des citoyens du monde ouverts, généreux et instruits conformément à l’objectif éthique de l’IC :

 « L’objectif de l’IC est de garantir un environnement… où les apprenants développeront des qualités personnelles et des compétences menant à l’esprit universel… à la compassion, à la construction d’une communauté et à la citoyenneté responsable… ».

Je salue à cet égard la contribution de mes jeunes apprenants à leur communauté. Malgré leur jeune âge, ils ont prouvé qu’on pouvait faire beaucoup avec peu. Ils ont été créatifs, notamment dans la collecte de fonds, pour aménager le sol de l’espace de jeux de leurs correspondants.

L’innocence et la sensibilité de ces enfants qui embrasseront à leur tour la vie en tant que citoyens modèles représentent une arme qui les guidera pour prendre les bonnes décisions, en prenant en considération les sentiments des autres. L’ouverture d’esprit, le respect et la tolérance passent par la pratique… Il serait vain d’en parler et d’en discuter sans mettre ces valeurs concrètement en application dans la vie réelle.

Nous avons connu depuis 2010 un changement dans le visage de la société libanaise. Cette génération de jeunes Syriens fait partie de notre quotidien, et, que nous le voulions ou non, leur intégration nous touche de près et devrait être une priorité.