Commentaires
du GTD, programme de seconde :
•
La planète Terre et son environnement
• L'organisme en fonctionnement
• Cellule, ADN, et unité
du vivant
Les présents
commentaires suivent l'ordre du texte officiel du programme, cependant,
toute latitude est laissée à l'enseignant pour aménager sa progression
tout en respectant l'esprit des différentes parties du programme.
1.
LA PLANETE TERRE ET SON ENVIRONNEMENT
Cette partie du
programme est une initiation à la planétologie et aux problèmes
d'environnement global. Elle s'appuie sur l'étude comparée des planètes
et celle de la dynamique des enveloppes externes de la planète Terre
(atmosphère et océans). Elle s'articule autour de la perception de
l'espace, du mouvement et des temps caractéristiques des phénomènes
naturels. Il s'agit de situer l'Homme dans son environnement au sens le
plus large (dans le système solaire et sur Terre), de montrer comment on
étudie cet environnement (missions spatiales, observations de la Terre
depuis l'espace) et de mettre en avant sa fragilité.
La compréhension du
fonctionnement et de l'évolution de notre environnement (passé et futur)
nécessite une bonne perception des échelles d'espace et de temps caractéristiques
des phénomènes. Il est important de faire prendre conscience aux élèves
que des calculs très simples permettent de comprendre les mouvements des
planètes autour du Soleil, de percevoir les problèmes d'environnement à
l'échelle globale et d'avoir un avis sur des enjeux importants du monde
futur (effet de serre, dispersion des polluants par l'atmosphère et les
océans, stockage des déchets etc.....).
Deux grands thèmes
seront abordés : " La Terre dans le système solaire " et
" La planète Terre et son environnement global ". Comme pour
les autres parties du programme, il est aussi proposé aux professeurs et
aux élèves d'aborder un sujet d'étude au choix au cours de l'année.
Celui-ci peut prendre différentes formes en fonction des sensibilités de
chacun ou des classes. On peut envisager des sujets variés comme ceux qui
sont indiqués en annexe (liste non-exhaustive). On peut aussi noter que
certains d'entre eux se prêtent à un suivi au cours de l'année (par
exemple: l'amincissement de la couche d'ozone, le phénomène El-Nino, la
pollution atmosphérique dans une ville etc).).
1-1.
La Terre dans le système solaire :
La planétologie vise principalement deux objectifs :
1) donner une
culture générale à ceux qui arrêtent les Sciences de la Terre et les
Sciences tout court. L'exploration de notre système solaire et
l'observation de systèmes planétaires extra-solaires font ou feront
l'objet de nombreuses missions spatiales. La France et l'Europe par
l'intermédiaire de leurs agences spatiales et de nombreux chercheurs
participent activement à cet effort.
2) pour ceux qui
continuent dans la filière scientifique, poser des bases dans la
perspective de la compréhension de la genèse du système solaire et de
la Terre qui seront abordées ultérieurement.
1-1-1 Description
des objets du système solaire
La description et l'analyse des objets du système solaire ont deux
objectifs :
1) positionner la
Terre dans le système solaire et distinguer l'étoile (le Soleil) des
objets qui lui tournent autour (planètes, astéroïdes .).
2) montrer la variété
(en taille, composition chimique, présence d'enveloppes externes gazeuses
ou liquides, morphologie de surface, activité interne) des objets qui
tournent autour du soleil, mettre leurs compositions chimiques en relation
avec l'éloignement au Soleil et démontrer l'existence d'une activité
interne actuelle ou passée dans les planètes et leurs satellites.
- Mise en évidence
de trois classes chimiques de corps : les planètes et satellites
telluriques (intérieurs : Mercure-Vénus-Terre-Lune-Mars) , les planètes
géantes (extérieures : Jupiter, Saturne, Uranus, Neptune) et les
planètes et satellites de glace (Pluton, Titan ....).
- Existence de
corps (planètes, satellites, astéroïdes et comètes) de tailles
variées (10 à 100 000 km).
- L'étude de la
morphologie de la surface des planètes permet d'aborder les points
suivants :
- Les cratères
d'impact nous renseignent sur le mécanisme de formation des planètes
(l'accrétion des planètes qui n'est pas à traiter peut néanmoins
être évoquée brièvement). Ils permettent aussi de donner des
âges relatifs aux terrains à la surface des planètes.
- La présence
de volcans (actifs ou non) atteste d'une activité interne
actuelle ou passée.
L'activité interne des planètes et la présence d'enveloppes
fluides effacent les traces de cratères en remodelant la
morphologie de surface.
- La composition
chimique des roches de la surface de la Terre et des autres planètes
solides, donne des indications sur la composition des couches
profondes. Sur Terre, les basaltes sont issus de la fusion des roches
du manteau et fournissent des informations sur la nature chimique de
ces dernières. On peut donc mettre en avant l'intérêt de récolter
des échantillons à la surface des autres planètes ou de procéder
à des mesures de compositions chimiques des roches de surface avec
des robots déposés à la surface des planètes (l'exploration de la
Lune et les futures missions sur Mars peuvent servir de support à
cette partie).
Cette partie du
programme s'appuie sur l'observation des images fournies par les sondes
spatiales et d'échantillons, sur le traitement de données chiffrées
(tailles, densités, composition chimique) et sur des comparaisons avec la
Terre qui peut être prise comme planète de référence.
1-1-2 L'énergie
solaire reçue par les planètes
Par la mise en oeuvre de manipulations simples, il s'agit de faire acquérir
les notions qui suivent. Le soleil émet de l'énergie de manière sphérique.
La quantité d'énergie par unité de surface diminue donc avec l'éloignement
au soleil comme l'inverse du carré de la distance au soleil. Cette énergie
solaire est à l'origine des mouvements dans les enveloppes fluides des
planètes. C'est l'occasion d'introduire la suite du programme qui sera
focalisée sur les enveloppes fluides de la planète Terre.
1-2.
Planète Terre et environnement global :
L'objectif de cette partie du programme est de faire prendre conscience
aux élèves de la fragilité de notre environnement global par l'étude
scientifique et la compréhension du fonctionnement et de l'évolution de
l'atmosphère et de l'hydrosphère. Elle est aussi l'occasion d'aborder
simplement les couplages complexes atmosphère-hydrosphère-lithosphère-biosphère
qui régissent à différentes échelles de temps la structure et la
dynamique du système hydrosphère-atmopshère.
1-2-1 Observation
de la Terre depuis l'espace
La structure et l'évolution dans le temps de l'atmosphère, de l'hydrosphère,
de la lithosphère et de la biosphère peuvent s'étudier à partir de
mesures et d'observations satellitales. Il s'agit d'expliquer comment l'on
obtient et construit ces "images" et comment on les utilise. Les
satellites artificiels en orbite autour de la Terre enregistrent des
images à différentes longueurs d'ondes (couleurs) qui procurent des
informations variées (présence d'eau, extension de la végétation, température
de l'eau de mer, nature minéralogique des sols etc).
1-2-2 L'énergie
solaire et sa répartition à la surface de la Terre
Au niveau de l'orbite de la Terre la quantité d'énergie par unité de
surface émise par le soleil peut être considérée comme constante. En
revanche, la sphéricité de la Terre et l'inclinaison de son axe de
rotation par rapport au plan de révolution autour du soleil font varier
la quantité d'énergie par unité de surface reçue au sommet de
l'atmosphère et au sol. Cette quantité varie en fonction de la latitude
pour une époque donnée de l'année. Elle varie aussi au cours de l'année
pour une latitude donnée en raison de l'orientation constante de l'axe de
rotation de la Terre à l'échelle de temps humaine. Cette distribution de
l'énergie solaire reçue par la surface de la Terre en fonction de la
latitude (elle est plus grande à l'équateur qu'au pôles) est à
l'origine de la zonéographie des climats et des mouvements de l'atmosphère
et des océans. Les variations de cette énergie au cours de l'année pour
une latitude donnée se traduisent par l'alternance des saisons. La
climatologie au sens strict du terme n'est pas à développer.
1-2-3 La
composition et la structure de l'atmosphère terrestre
L'atmosphère terrestre est une enveloppe dont la structure et l'état
thermique résultent de l'interaction entre la lumière et les molécules
qui la constituent. L'air est un mélange de différents gaz ayant des
propriétés physiques qui peuvent être différentes vis à vis de
l'absorption de la lumière. L'absorption de lumière par les molécules
conduit à un échauffement.
Le gaz le plus abondant (N2) a un effet mineur dans l'absorption du
rayonnement solaire et du rayonnement infra-rouge de la surface de la
Terre. En revanche, l'oxygène et des constituants chimiques présents en
faible quantité dans l'atmosphère, comme l'ozone (O3), le gaz carbonique
(CO2) et l'eau (H2O) ont des rôles et des effets importants.
- L'ozone par son
absorption du rayonnement ultra-violet est à l'origine de la
stratification verticale de l'atmosphère. Il est responsable de
l'augmentation de température dans la stratosphère.
- Le gaz carbonique
et l'eau sous forme de vapeur absorbent le rayonnement infra-rouge émis
par la Terre et contribue de manière importante à l'effet de serre.
- L'eau a une
importance particulière. Elle est à l'origine des nuages. Par ses
changements d'état elle participe aux transferts d'énergie dans
l'atmosphère. Les nuages réfléchissent aussi le rayonnement solaire
incident et absorbent le rayonnement infra-rouge émis par la Terre.
L'atmosphère
contient aussi des poussières et des aérosols. Ces constituants mineurs
sont essentiels dans la condensation de l'eau (et donc dans la formation
des nuages) et peuvent aussi absorber et réfléchir du rayonnement
solaire incident.
La structure
verticale de l'atmosphère et de ses principales couches (troposphère,
stratosphère ...) se déduit de l'étude des profils de température et
de pression et de la présence de certaines espèces chimiques (l'ozone
dans la stratosphère, l'eau dans la troposhère).
La destruction, donc
la diminution de l'ozone stratosphérique (par les CFC en particulier) à
des conséquences sur la filtration des UV.
1-2-4 L'effet de
serre
Sa présentation doit être simple. Des 100 % de l'énergie solaire
arrivant au sommet de l'atmosphère, seule une moitié est absorbée par
la surface de la Terre. La majeure partie de cette énergie absorbée est
émise par la surface de la Terre sous forme de rayonnement infra-rouge
(la surface de la Terre est à une température plus faible que la surface
du soleil ; la relation température-énergie-lumière est abordée dans
le programme de physique). Ce rayonnement infra-rouge est principalement
absorbé par les molécules de CO2 et H2O de l'atmosphère ce qui produit
un échauffement de l'air. Une partie de cette énergie quitte par
radiation vers le haut l'atmosphère mais une autre partie est redirigée
vers la surface de la Terre et absorbée. Pour cette raison, la surface de
la Terre reçoit à la fois de l'énergie du Soleil et de l'atmosphère ce
qui n'est pas le cas de la Lune et des planètes dépourvues d'atmosphère.
L'augmentation de la quantité de CO2 et d'autres gaz comme le méthane
(CH4) dans l'atmosphère modifie l'effet de serre.
1-2-5 Les
mouvements des enveloppes fluides
L'énergie solaire parvenant à la surface de la Terre est plus importante
à l'équateur qu'aux pôles. L'énergie infra-rouge émise par la surface
de la Terre varie aussi avec la latitude mais beaucoup moins que l'énergie
solaire incidente. Il en résulte un bilan d'énergie positif entre 0° et
35-40° de latitude et négatif entre 35-40° et 90° de latitude dans les
deux hémisphères. Cette différence dans le bilan thermique est à
l'origine d'un transport de chaleur de l'équateur vers les pôles qui est
assuré par la circulation océanique et la circulation atmosphérique.
Les mouvements sont complexes. On peut néanmoins mettre en évidence
leurs causes principales (les variations de pression, de densité, de température
et de salinité) et constater la complexité introduite par la rotation
terrestre (présentation qualitative de l'effet de la force de Coriolis).
Mouvements
atmosphériques
Dans la troposphère, la circulation des masses d'air se fait par des
mouvements horizontaux (qui traduisent des différences de pression) et
par des mouvements verticaux (qui traduisent des différences de densités
et/ou de températures). La combinaison de ces mouvements troposphériques
donne naissance à des "cellules de circulation atmosphérique"
qui assurent les transferts de chaleur et de vapeur d'eau. Dans la
stratosphère, les mouvements sont essentiellement horizontaux en raison
de sa structure thermique qui limite l'amplitude des mouvements verticaux.
Mouvements océaniques
On distingue deux types de "masses d'eau" dans les océans. Les
"masses d'eau" superficielles dont le mouvement est induit et
entretenu par les vents qui agitent la troposphère. Les "masses
d'eau" profondes dont les mouvements, essentiellement méridiens, résultent
de différences de densités dues à des différences de températures et
de salinités.
L'analyse de documents illustrant la dispersion des espèces chimiques et
poussières montre comment les mouvements océaniques et atmosphériques régissent
les phénomènes de pollution à des échelles locales (une ville, un
littoral) et globales (l'atmosphère et l'océan dans son ensemble).
1-2-6 Couplage
lithosphère-biosphère-atmosphère-hydrosphère
La composition, la régulation de la composition chimique et de la température
des enveloppes fluides mettent en uvre des mécanismes complexes avec des
constantes de temps différentes. Le cycle du CO2 (et de l'O2) permet
d'entrevoir cette complexité.
Si l'on prend l'exemple du cycle du CO2 on peut faire construire le cycle
de manière interactive avec l'élève en essayant de voir comment par
exemple sa teneur est contrôlée dans l'atmosphère. Il faut tout d'abord
identifier les différents réservoirs qui contiennent du CO2 (sous différentes
formes chimiques) : atmosphère, océan, biomasse, combustibles fossiles,
roches carbonatées ....L'étape suivante est de mettre en évidence les mécanismes
de certains des transferts de CO2 entre ces réservoirs et l'atmosphère
à partir d'expériences simples. Par exemple, la précipitation et la
dissolution des carbonates, l'activité biologique (fermentation,
respiration, photosynthèse), les émissions anthropiques.....L'atmosphère
ne fonctionne donc pas indépendamment des autres réservoirs. Les émissions
de CO2 dans l'atmosphère par l'activité industrielle sont connues.
Cependant on observe que cette quantité ne se retrouve pas intégralement
dans l'atmosphère. Ceci montre qu'une partie du CO2 est intégré dans
d'autres réservoirs (l'océan, la biosphère....) à des échelles de
temps courtes.
1-2-7 Evolution
historique de la composition de l'atmosphère
La composition de l'atmosphère actuelle s'est construite progressivement.
L'apparition de la photosynthèse est à l'origine du dioxygène (et donc
de l'ozone). Le CO2 présent en grande quantité au début de l'histoire
de la Terre a progressivement disparu et ceci est à mettre en relation
avec des processus tel que la fabrication des sédiments carbonatés.
L'étude de la
composition des atmosphères du passé montrent qu'il existe une
variabilité naturelle de la composition de l'atmosphère et donc des
climats à la surface de la Terre (l'homme a une influence mais il n'est
pas le seul !). Les carottes de glaces sont l'occasion de montrer que
certains processus géologiques (ici la formation et l'accumulation de
glace aux pôles) enregistrent les variations de la composition de
l'atmosphère au cours du temps.
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2.
L'ORGANISME EN FONCTIONNEMENT
Cette partie du
programme a pour objectif de sensibiliser les élèves à la notion d'intégration
des fonctions dans l'organisme. Le support choisi est l'étude des
variations des paramètres cardio-respiratoires du corps humain au cours
de l'effort physique.
Les travaux
pratiques (dissection du coeur, observation des battements cardiaques,
analyse de données expérimentales sur l'implication du système nerveux
dans le contrôle des rythmes cardio-respiratoires,...), s'appuient aussi
sur des modèles animaux.
Ce sujet a été
choisi en tenant compte de l'intérêt manifesté par les élèves vis à
vis d'une part de la connaissance du fonctionnement de leur corps et,
d'autre part, des activités sportives et des problèmes de société posés
par la pratique du sport de haut niveau. Par ailleurs, il peut donner lieu
à des activités pratiques simples à mettre en oeuvre. Il répond aussi
à une demande exprimée par les enseignants de lycée dans la
consultation nationale de 1997-1998.
Ce sujet s'appuie
sur les connaissances acquises au cours du premier cycle du collège (5ème
et 3ème) dont certaines doivent être approfondies.
La rupture par
rapport au collège porte sur une approche de la physiologie envisagée
comme une discipline étudiant des systèmes intégrés au sein d'un
organisme, approche qui permet d'aborder les notions d'HOMÉOSTASIE
(maintien de la constance des paramètres du milieu intérieur) et de RÉGULATION
(ensemble des processus par lesquels un paramètre du milieu intérieur
est maintenu aussi proche que possible de sa valeur de référence). Ces
deux notions sont essentielles en physiologie et, compte tenu de leur
complexité de compréhension pour les élèves, leur introduction au
programme de seconde ne doit être envisagée que comme une initiation.
L'exemple choisi se
limite à l'étude d'une partie seulement de la régulation envisagée. Il
s'agit d'étudier l'homéostasie du dioxygène dans le seul compartiment
artériel de la grande circulation, en association avec les besoins en
dioxygène des cellules dans différentes conditions d'activité. On ne
tient compte que de la partie efférente de la boucle de régulation
(variation d'activité des effecteurs cardio-respiratoires en fonction de
l'activité musculaire), sans se préoccuper de la boucle afférente
(capteurs des paramètres physiologiques étudiés, chémorécepteurs et
barorécepteurs, et voie de communication nerveuse qui leur est associée).
Cette étude est
abordée en trois parties qui se veulent liées dans une démarche
progressive et qui sont complémentaires.
2-1. Relations
entre activité physique et paramètres physiologiques :
Après une révision sur les rôles des nutriments et du dioxygène, il
s'agit d'établir de façon expérimentale les variations de la
consommation de dioxygène (VO2) en fonction de l'intensité de l'activité
des muscles de l'organisme.
La comparaison des
données expérimentales des consommations de nutriments et de dioxygène
avant et pendant l'effort conduit à poser deux problèmes:
- La mobilisation
des réserves énergétiques au cours d'un effort musculaire ;
- L'adaptation de
l'organisme à prélever davantage de dioxygène dans l'environnement
et le transporter vers les muscles au cours de l'effort.
Le premier problème
n'est pas au programme. Il peut toutefois servir de support à un sujet au
choix.
Le deuxième problème
sert de motivation à toute cette partie du programme et peut être précisé
à partir d'observations effectuées sur les variations de la fréquence
cardiaque et du débit ventilatoire.
Les activités
pratiques liées à cette partie permettent d'utiliser l'EXAO :
- mesure de la fréquence
cardiaque et de sa variation au cours de l'activité musculaire;
- mesure du débit
ventilatoire et de sa variation au cours de l'activité musculaire.
Cependant certaines de ces mesures (ex: fréquence cardiaque) peuvent
être effectuées même en absence d'EXAO.
La notion de
consommation de dioxygène maximale (VO2max) est introduite et on peut éventuellement
signaler la possibilité d'effectuer pendant un cours moment un effort
d'intensité supérieure à la VO2max, mais les mécanismes anaérobies de
conversion énergétique qui le permettent sont hors programme, notamment
la fermentation lactique.
2-2. Couplage
entre l'activité cardio-respiratoire et l'apport de dioxygène aux
muscles :
L'étude de l'anatomie du coeur et celle de la révolution cardiaque
permettent d'enrichir la connaissance de la double circulation déjà
envisagée au collège, mais aussi débouchent sur la notion de débit
cardiaque. Il s'agit alors de réfléchir à la façon dont l'augmentation
du débit cardiaque contribue à assurer un apport de dioxygène accru aux
muscles en activité. Cela passe par une réflexion relative à l'égalité
des débits cardiaques droit et gauche, et par celle de la disposition en
série de la circulation générale et de la circulation pulmonaire.
L'analyse de données
sur la distribution du flux sanguin entre les divers organes qui permet
d'assurer un apport préférentiel de dioxygène aux muscles en activité,
complète le schéma fonctionnel de la circulation générale (on
n'oubliera pas de situer la circulation coronaire).
Des considérations
sur la teneur en dioxygène du sang artériel et du sang veineux au repos
et au cours d'un effort sont utiles pour permettre de saisir la
signification de l'augmentation des débits circulatoire et ventilatoire.
En s'appuyant sur les connaissances du collège, il s'agit de mettre en évidence
que l'augmentation du débit ventilatoire a pour seul effet d'augmenter la
ventilation alvéolaire et par là de maintenir dans l'air alvéolaire une
pression en dioxygène suffisante pour assurer la saturation en dioxygène
du sang qui quitte les poumons.
Il s'agit donc de
faire réfléchir sur l'importance des augmentations synchrones des débits
cardiaque et ventilatoire ; l'augmentation de l'un n'aurait aucune conséquence
physiologique si elle n'était accompagnée de celle de l'autre. Dans une
telle perspective, on peut envisager que le débit cardiaque constitue le
facteur limitant de la VO2max.
2-3. Intégration
des fonctions dans l'organisme au cours de l'activité physique :
L'ensemble des notions suivantes doit être abordé:
-automatisme de la contraction du muscle cardiaque à opposer au
fonctionnement des muscles respiratoires qui sont placés sous le contrôle
d'une commande nerveuse centrale ;
-fonctionnement automatique de cette commande nerveuse centrale (centre
respiratoire bulbaire) qui assure le contrôle de la rythmicité de la
contraction des muscles respiratoires par l'intermédiaire des nerfs
moteurs ;
-contrôle de la rythmicité de la contraction du muscle cardiaque par le
système nerveux végétatif (rôle accélérateur des nerfs sympathiques
cardiaques et ralentisseur des nerfs pneumogastriques).
A partir de
l'analyse de données expérimentales, il s'agit de comparer la façon
dont sont mises en jeu et modulées par le système nerveux les activités
du muscle cardiaque d'une part, et des muscles intercostaux et du
diaphragme d'autre part. Une connaissance élémentaire de l'organisation
anatomique des appareils et organes mis en jeu est requise, mais au seul
niveau macroscopique. Un schéma de synthèse de l'innervation du coeur,
des muscles intercostaux et du diaphragme en relation avec différentes
parties du système nerveux central (bulbe rachidien, cortex) est présenté.
L'étude du
fonctionnement du système nerveux au niveau cellulaire n'est pas au
programme, ce qui exclut les notions de potentiel d'action, de codage de
l'information et de fonctionnement synaptique.
On se contente donc
de traduire par des flèches ascendantes ou descendantes les variations
des messages nerveux véhiculés par les nerfs cardiaques ou
respiratoires. Au cours d'une activité physique, ces messages nerveux
augmentent au niveau des nerfs sympathiques cardiaques, ce qui entraine
une accélération cardiaque, et diminuent au niveau des nerfs
pneumogastriques, ce qui entraine une diminution de l'effet ralentisseur
exercé par ces nerfs. Ces deux actions concourrent à l'accélération du
rythme cardiaque.
Par contre, il est
important de faire comprendre que dès l'initiation de l'activité, la
commande exercée par le système nerveux central, principalement
corticale, intervient sur la mise en jeu des muscles striés squelettiques
effecteurs du mouvement et exerce simultanément un contrôle sur les
centres bulbaires cardio-vasculaire et respiratoire ; elle ajuste ainsi
les deux paramètres, débits cardiaque et ventilatoire, très précocement
aux besoins ultérieurs. On peut s'appuyer sur l'exemple d'un coureur de
100m qui, dans les starting-blocks, se concentre sous les ordres du
starter, et du fait de cette motivation (stress physiologique) va avoir
ses paramètres physiologiques (pression artérielle, fréquence
cardiaque, ...) qui varient alors qu'il n'a pas encore entamé le moindre
effort musculaire. Mais cette "anticipation physiologique" va
largement contribuer à la réussite de sa course. Il y a donc un niveau
d'organisation (le cortex cérébral), extérieur à la boucle de régulation
homéostasique, qui peut intervenir de manière décisive selon les
situations pour imposer un nouveau niveau de régulation en fonction des
conditions environnementales.
Par ailleurs, la
production de chaleur au cours de l'activité musculaire va entrainer la
mise en jeu d'un autre système de régulation (la thermorégulation) qui
est à l'origine de la vasodilatation cutanée (rougeur de la face) et de
la sudation. Cette notion n'a pas à être traitée mais peut faire
l'objet d'un sujet au choix en fonction des préoccupations des élèves.
On peut également
s'appuyer sur des activités pratiques pour cette partie : l'observation
de l'automatisme cardiaque chez des invertébrés (exemple de l'escargot)
et l'étude de personnes ayant subi une transplantation cardiaque chez
lesquelles, toutefois, seule une régulation hormonale par l'intermédiaire
de l'adrénaline reste possible.
EN
CONCLUSION, cet enseignement permet une première approche des
mécanismes assurant l'intégration des fonctions dans l'organisme et met
l'accent sur la complexité des relations entre organes. L'acquisition des
notions de physiologie humaine se fait en soulignant les liens que l'on
peut établir avec le domaine de la santé. La construction d'une boucle
de régulation complète et l'approfondissement de la connaissance des
modes de communication au sein de l'organisme relèvent des classes ultérieures.
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3.
CELLULE, ADN ET UNITE DU VIVANT
Cette partie du
programme a pour objectif de conforter l'idée d'évolution déjà
introduite au collège et de montrer que toutes les espèces ont une
origine commune. Elle s'appuie essentiellement sur la mise en évidence de
propriétés fondamentales communes à tous les êtres vivants contrastant
avec leur incroyable diversité. Cette mise en évidence est réalisée à
différents niveaux d'organisation : cellule, molécule d'ADN et organisme
et s'appuie très largement sur les acquis du collège qui sont
approfondis.
Trois grands thèmes sont abordés :
- L'universalité
de la présence de cellules comme unités élémentaires des
organismes, et donc l'existence de caractéristiques structurales et
fonctionnelles communes, malgré la diversité des types cellulaires
et de leurs activités individuelles ;
- L'universalité
de la nature du support de l'information génétique et l'origine de
la variabilité génétique ;
- L'apparentement
des organismes au niveau de leurs plans d'organisation et des modalités
de leur développement.
Cette partie du
programme a également pour objectif de donner une culture générale
scientifique à ceux qui ne continueront pas l'étude des Sciences de la
Vie et de la Terre. Certains aspects de cette culture générale (tels que
ceux concernant les propriétés fondamentales de la vie, le rôle de
l'ADN en tant que support de l'information génétique et sa modification
par des agents de l'environnement (mutations) ou par l'homme (transgénèse),
l'origine commune des espèces, la place de l'Homme au sein du monde
vivant...) sont indispensables à la compréhension de certains enjeux
philosophiques, éthiques, sociaux et économiques de notre époque et des
prochaines décennies.
3-1.
La cellule fonde l'unité et la diversité du vivant :
L'observation de divers tissus animaux et végétaux, montre l'omniprésence
des cellules au sein du vivant. Malgré la grande diversité des types
cellulaires observables, ces cellules possèdent des caractéristiques
fondamentales communes qui définissent le vivant :
3-1-1 Leur
structure
Une première approche de cette " unité cellulaire " peut
s'appuyer sur l'étude des caractéristiques structurales réalisée à
partir de l'observation en microscopie photonique et électronique des
cellules eucaryotes. On se limitera à la mise en évidence des
principales structures cellulaires : la membrane plasmique définissant le
milieu intracellulaire et les organites caractéristiques des cellules
eucaryotes.
3-1-2 Leur
activité métabolique et leur capacité à se reproduire
Le milieu intracellulaire et les organites qu'il contient sont le siège
de réactions métaboliques qui conduisent à la synthèse des molécules
organiques nécessaires à l'activité des cellules et à leur
multiplication. À partir de cultures d'organismes unicellulaires, la mise
en évidence des besoins nutritifs des cellules permet de distinguer les
deux principaux types métaboliques (auto- et hétérotrophie).
L'autotrophie est associée à la présence de chloroplastes dans les
cellules eucaryotes.
En conditions
stables du milieu, les structures des cellules et leurs modes de
fonctionnement (type de métabolisme, modalités de division) sont
maintenus au cours des générations cellulaires successives. Les caractéristiques
du métabolisme et de la division cellulaire sont donc des activités
fondamentales des cellules, transmises de génération en génération.
Leur persistance au cours des générations est à mettre en relation avec
les notions, déjà acquises en troisième, de patrimoine héréditaire et
de gènes. L'étude détaillée des modalités du cycle cellulaire et de
son contrôle n'est pas au programme.
La transmission intégrale
de l'information génétique de l'uf aux différentes cellules d'un
organisme est rappelée. Cependant, on note qu'au cours du développement,
la différenciation cellulaire conduit à une diversification des types
cellulaires.
3-1-3 Leur matériel
génétique
La localisation cellulaire du matériel génétique est précisée en
s'appuyant sur des notions déjà acquises au collège, comme le rôle du
noyau, le rôle des chromosomes et leur devenir lors des divisions
cellulaires.
La plupart des
exemples seront choisis chez les eucaryotes, cependant les procaryotes
pourront être utilisés pour faire ressortir l'universalité de la notion
de cellule : membrane plasmique, activité métabolique, matériel génétique.
3-2. Universalité
et variabilité de la molécule d'ADN :
La présence d'ADN dans les chromosomes conduit à rechercher son rôle en
tant que support de l'information génétique. La démonstration de ce rôle
est faite ici en s'appuyant sur la transgénèse interspécifique qui
consiste à introduire un fragment d'ADN contenant un gène d'une espèce
dans un individu d'une autre espèce. Elle conduit à une modification du
génotype qui peut s'exprimer par une variation du phénotype de
l'individu receveur. Ceci prouve non seulement que l'ADN est le support de
l'information génétique mais aussi que ce support est universel. Sans
entrer dans l'étude des méthodes de la transgénèse, cette partie du
programme permet d'en établir le principe et d'envisager ses conséquences
au niveau de la cellule ou de l'organisme. L'universalité de l'ADN
conforte à l'échelle moléculaire l'idée d'unité du vivant vue
ci-dessus à l'échelle cellulaire.
À l'issue de la
division cellulaire, chaque chromosome ne contient qu'une molécule d'ADN
qui est une macromolécule formée de deux chaînes complémentaires
enroulées en double hélice. Chaque chaîne est constituée par une
succession de 4 éléments de base : les nucléotides.
Chaque gène
contient un message codé par la séquence des nucléotides. L'ensemble de
ces messages constitue le programme génétique (voir les deux autres
chapitres de cette partie).
A l'universalité de
la molécule d'ADN dans le monde vivant s'ajoute sa variabilité. Cette
variabilité a pour origine des modifications au hasard de la séquence
d'ADN (mutations) qui peuvent avoir des conséquences sur l'activité
cellulaire et sur l'organisme tout entier. L'étude des mutations est
limitée à leur mise en évidence à partir d'un changement phénotypique
héréditaire. L'étude de leur origine ne serait pas compréhensible en
absence de toute connaissance sur la réplication et, de même, la
description détaillée des différents types de mutations n'a pas de sens
en l'absence de connaissances sur le code génétique. On notera à cette
occasion qu'au sein d'une espèce, la séquence des nucléotides de l'ADN
de chaque individu est unique. Elle trouve son application dans le génotypage
des individus.
Le taux de mutation
peut-être augmenté par certains agents de l'environnement. C'est le cas
des rayonnements ultraviolets (UV) qui entraînent des lésions de l'ADN
et qui sont à l'origine de très nombreux cancers de la peau.
L'effet mutagène
des UV peut être mis en évidence à l'occasion d'expériences sur la
levure. C'est l'occasion de rappeler l'importance de la couche d'ozone
dans l'absorption des UV et de faire la relation avec la partie Sciences
de la Terre du programme.
Les conséquences de
ces mutations pour l'organisme pluricellulaire et sa descendance sont
variables. Suivant qu'elles affectent des cellules germinales ou des
cellules somatiques, elles sont ou non transmissibles à la descendance.
Elles peuvent conduire à une variabilité génétique non pathologique ou
à des cancers, ou encore à des maladies héréditaires plus ou moins
graves... On peut souligner ici le lien entre environnement et santé.
3-3. Parenté et
diversité au niveau des organismes :
Dans cette dernière partie, la notion de l'unité du monde vivant est
abordée au niveau des organismes.
Dans un premier
temps, la comparaison de l'organisation anatomique de Vertébrés à
partir de dissections permet de dégager la notion de plan d'organisation.
Seules les grandes lignes du plan d'organisation sont dégagées :
identification des axes de polarité, position relative des organes entre
eux et par rapport à ces axes de polarité. Malgré la diversité des
plans d'organisation spécifiques, on peut mettre en évidence un plan
d'organisation commun aux Vertébrés.
L'étude des axes de polarité est importante car ce sont par rapport à
ces axes, mis en place très tôt au cours du développement, que
s'organise l'embryon puis l'organisme tout entier. En effet, le devenir de
chaque cellule (division, mort, différentiation, migration) dépend non
seulement de son patrimoine génétique (propre à l'organisme auquel elle
appartient) mais aussi de sa position dans l'embryon. Cette information
positionnelle résulte de l'intégration des signaux reçus des cellules
voisines et va déboucher sur l'expression différentielle et partielle de
son patrimoine génétique.
A partir d'un
exemple, la mise en place progressive du plan d'organisation est suivie au
cours du développement en partant de la cellule uf issue de la fécondation.
La constance des modalités de développement au sein de chaque espèce
est la conséquence de la réalisation d'un programme génétique de développement
spécifique.
La découverte des gènes
impliqués dans les programmes de développement a révélé leur étonnante
similitude chez des espèces différentes. Ainsi, les gènes homéotiques,
qui gouvernent l'identité des différentes régions du corps de long de
l'axe antéro-postérieur, initialement identifiés chez la drosophile
sont également présents chez l'hydre et l'Homme ! Il ne s'agit pas de détailler
ici la structure et le rôle des gènes homéotiques, mais de montrer, à
travers l'étude de certaines de leurs caractéristiques, que des
processus de développement apparemment très différents résultent de
l'action de gènes très similaires. Leurs similitudes se retrouvent à
divers niveaux :
- leur séquence
(au niveau de la région appelée" homéodomaine")
- leur organisation
chromosomique (gènes regroupés dans un même ordre sur un fragment
de chromosome),
- leur activité séquentielle
suivant un profil spatio-temporel bien défini.
- leur fonction :
un gène Hox de la souris ou de l'Homme introduit dans la mouche par
trangénèse peut remplacer la fonction du gène HOM équivalent de
drosophile.
Le fait qu'un même
système génétique intervienne, chez des animaux extrêmement différents,
dans un processus de développement renforce la notion d'origine unique du
monde vivant.
Cependant, il faut garder à l'esprit que l'action de ces gènes homéotiques
conduit à des structures qui sont elles spécifiques de l'organisme en
cours développement. Ceci suggère que ces gènes n'interviennent pas
directement dans les processus de mise en place de ces structures mais
qu'ils " indiquent " aux cellules à quelle région du corps
elles appartiennent et contrôlent ainsi le type d'organe mis en place le
long de l'axe antéro-postérieur.
EN CONCLUSION,
l'ensemble de cette partie du programme permet de dégager l'unité du
monde vivant à différentes échelles (cellule, molécule, organisme).
Cela conduit à renforcer les notions d'évolution et d'origine commune de
tous les êtres vivants.
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